Endométriose et travail
L’endométriose touche environ 1 femme sur 10.
Pourtant, ses impacts sur la vie professionnelle restent encore largement méconnus ou minimisés.
Douleurs, fatigue intense, troubles digestifs, fluctuations de l’énergie, charge mentale liée à l’imprévisibilité des symptômes…
Certaines femmes composent chaque mois avec des difficultés parfois invisibles, tout en essayant de maintenir un équilibre professionnel.
Et si le sujet méritait d’être mieux compris dans le monde du travail ?
L’endométriose : une maladie souvent invisible
L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique pouvant provoquer des symptômes très variables d’une personne à l’autre.
Parmi les manifestations fréquemment rapportées :
• douleurs pelviennes et/ou abdominales
• règles très douloureuses et/ou abondantes
• fatigue importante
• douleurs lombaires et/ou dans les jambes
• troubles digestifs et/ou urinaires
• difficultés de concentration liées à la douleur ou à l’épuisement
Certaines femmes sont peu symptomatiques.
D’autres vivent avec des douleurs invalidantes ou une fatigue intense plusieurs jours par mois.
Cette variabilité rend parfois la maladie difficile à comprendre pour l’entourage professionnel.
Les impacts invisibles sur la vie professionnelle
L’endométriose ne se résume pas à une douleur ponctuelle pendant les règles.
Ses impacts peuvent concerner l’ensemble du fonctionnement au travail.
🌿 Une fatigue parfois majeure
De nombreuses femmes décrivent une fatigue intense, parfois comparée à un « brouillard » physique ou mental.
Cette fatigue peut être liée :
• à la douleur chronique
• aux troubles du sommeil
• à l’inflammation
• à l’épuisement lié à la répétition des symptômes
Au travail, cela peut parfois se traduire par :
• une concentration plus difficile
• une baisse d’énergie
• un besoin accru de récupération
• une sensation de fonctionner « en mode survie »
🌿 Une douleur difficile à rendre visible
L’un des défis de l’endométriose est son invisibilité.
Certaines femmes continuent à travailler malgré des douleurs importantes, parfois par peur du jugement ou de ne pas être comprises.
Le présentéisme — être présente malgré un état de santé dégradé — peut alors devenir fréquent.
🌿 Une imprévisibilité difficile à gérer
Les symptômes peuvent fluctuer d’un cycle à l’autre.
Cette variabilité peut générer :
• stress anticipatoire
• difficulté à se projeter
• peur de ne pas pouvoir assurer certaines journées
• culpabilité face aux absences ou aux adaptations nécessaires
🌿 Une charge mentale supplémentaire
Anticipation des douleurs, organisation des rendez-vous médicaux, gestion des traitements, adaptation du quotidien…
L’endométriose peut aussi représenter une charge mentale importante, souvent peu visible.
Quels leviers au travail peuvent aider ?
Chaque situation est différente.
Mais certains ajustements peuvent parfois permettre de préserver davantage l’équilibre professionnel.
🌿 Mieux connaître son fonctionnement
Identifier certaines périodes plus difficiles ou certains facteurs aggravants peut parfois aider à mieux anticiper :
• réunions importantes
• déplacements
• journées très chargées
L’objectif n’est pas de tout contrôler, mais de mieux se connaître.
🌿 Identifier des marges de manœuvre organisationnelles
Selon le poste et le contexte professionnel, certains ajustements peuvent parfois être envisagés :
• télétravail ponctuel si compatible avec le poste
• souplesse sur certains horaires
• limitation temporaire de déplacements
• pauses plus régulières lors des périodes symptomatiques
Il ne s’agit pas de privilèges, mais parfois d’adaptations réalistes favorisant un maintien durable dans l’emploi.
🌿 Ne pas rester seule face aux difficultés
Lorsque les symptômes deviennent difficiles à gérer, certains interlocuteurs peuvent être ressources :
• médecin traitant ou spécialiste
• service de santé au travail
• ressources humaines selon les contextes
• entourage professionnel de confiance
Selon les situations, des aménagements ponctuels ou plus durables peuvent être réfléchis.
🌿 La question de la RQTH : un sujet parfois utile à explorer
Dans certaines situations, lorsque les symptômes ont un impact important et durable sur le travail, une réflexion autour de la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) peut parfois être pertinente.
Cette démarche reste très personnelle et dépend de chaque situation.
Elle peut néanmoins permettre, dans certains contextes, de faciliter certains aménagements ou un maintien dans l’emploi.
Les signaux à ne pas banaliser
Il peut être utile de se questionner lorsque :
• la fatigue devient invalidante
• les douleurs impactent fortement le quotidien professionnel
• les absences se multiplient
• le travail devient source d’angoisse importante
• une sensation d’épuisement s’installe progressivement
Prévenir reste souvent plus simple que compenser durablement.
À retenir
L’endométriose n’est pas seulement une question de douleurs menstruelles.
C’est une maladie chronique qui peut avoir des impacts réels sur l’énergie, la concentration, la charge mentale et la vie professionnelle.
Mieux comprendre ces impacts permet souvent de sortir de la culpabilité, d’identifier des leviers adaptés et de prévenir un épuisement plus durable.
Besoin de faire le point ?
J’accompagne les femmes confrontées à des problématiques de fatigue, de maladie chronique invisible ou d’impact de leur santé sur leur vie professionnelle, dans une démarche de prévention et d’accompagnement non médical.